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Rhinite chez la tortue : nez qui coule, que faire ?

Une tortue qui a le nez qui coule, des bulles aux narines ou une respiration bruyante souffre le plus souvent d'une infection des voies respiratoires, appelée rhinite ou « syndrome du nez qui coule ». Isolez-la des autres tortues et consultez un vétérinaire habitué aux reptiles, sans attendre si elle respire bouche ouverte.

Mis à jour le 02/11/2026

Ce guide vaut pour les tortues terrestres, dont la tortue d'Hermann. Il vous aide à reconnaître une infection respiratoire, à protéger vos autres tortues et à préparer la visite chez le vétérinaire. Il ne remplace pas l'examen et ne donne aucun traitement.

Qu'est-ce que la rhinite de la tortue ?

C'est une inflammation du nez et des sinus, le plus souvent due à une infection. Les éleveurs anglophones parlent de « runny nose syndrome », le syndrome du nez qui coule. Les vétérinaires parlent d'infection des voies respiratoires hautes.

Un article publié par le Tortoise Trust, association britannique consacrée aux tortues, insiste sur un point : ce n'est pas une maladie unique. C'est un nom qui désigne une infection des voies respiratoires hautes, qui peut avoir plusieurs causes.

Un autre article du Tortoise Trust distingue deux niveaux :

  • les voies respiratoires hautes : le nez et les sinus. C'est la rhinite proprement dite ;
  • les voies respiratoires basses : la trachée et les poumons. On parle alors, par exemple, de pneumonie.

Les deux peuvent se suivre. Un problème qui commence par un simple écoulement du nez peut gagner les poumons, et parfois vite, prévient le Tortoise Trust.

Quels signes doivent vous alerter ?

Une tortue en bonne santé respire sans effort. La RSPCA, grande association britannique de protection animale, cite comme signes d'une maladie respiratoire le sifflement, l'écoulement du nez et le mucus autour de la bouche.

Les hôpitaux vétérinaires VCA donnent une liste plus complète :

  • un écoulement du nez ;
  • un excès de mucus, visible sous forme de bulles au nez, à la bouche ou aux yeux ;
  • une respiration sifflante ;
  • un cou tendu vers l'avant pour respirer ;
  • une respiration bouche ouverte, ou des halètements ;
  • une tortue apathique, qui ne mange plus.

Le Tortoise Trust ajoute des yeux gonflés ou enflammés, et parfois une bouche rouge. Les yeux peuvent donc être touchés en même temps que le nez. Le manuel vétérinaire Merck montre ainsi une tortue grecque atteinte, avec un écoulement nasal et les deux yeux enflammés.

Le Tortoise Trust note aussi que la maladie est assez difficile à repérer au début. Il conseille d'inspecter les narines chaque jour si possible, et de demander vite de l'aide au moindre écoulement.

Quand est-ce une urgence ?

Quand l'infection semble avoir atteint les poumons. Le Tortoise Trust décrit ces signes :

  • la tortue respire bouche ouverte, comme si elle peinait à avoir de l'air ;
  • un mucus épais ou mousseux sort de la bouche ;
  • on entend des gargouillements ou des bruits « profonds » en respirant ;
  • elle tient la tête dans une position inhabituelle, ou bouge beaucoup ses pattes avant pour respirer ;
  • elle est très agitée, ou au contraire très faible.

Pour le Tortoise Trust, ces signes demandent une aide vétérinaire immédiate : n'attendez pas. Il explique pourquoi. Les tortues n'ont ni diaphragme ni cils dans les voies respiratoires. Elles toussent mal et se défendent mal contre une infection des poumons. C'est l'une des raisons pour lesquelles une pneumonie peut devenir grave en peu de temps.

Le manuel Merck ajoute que, dans les cas graves ou qui traînent, l'infection peut passer dans le sang. Le Tortoise Trust précise qu'une pneumonie aiguë demande presque toujours un traitement vétérinaire et des soins intensifs.

Quelles sont les causes d'un nez qui coule ?

Les sources vétérinaires citent des microbes, mais aussi des conditions de vie qui affaiblissent la tortue. Le plus souvent, les deux se combinent.

Des microbes

  • Les mycoplasmes. Ce sont de petites bactéries. Le manuel Merck les décrit comme une cause connue de rhinite chez les tortues, avec une maladie souvent chronique, ou qui va et vient. Il les relie aussi au déclin de certaines populations de tortues.
  • Les virus. Les hôpitaux VCA expliquent que la plupart des infections respiratoires des tortues viennent soit d'un mycoplasme, soit d'une bactérie qui s'installe après un virus. Ils citent surtout l'herpèsvirus et le ranavirus. Selon le manuel Merck, l'herpèsvirus peut abîmer la bouche des tortues, avec une perte d'appétit et des écoulements de la bouche et des yeux.
  • D'autres bactéries et des champignons. Le manuel Merck précise que beaucoup d'infections respiratoires des reptiles sont mixtes, avec plusieurs germes à la fois. Le Tortoise Trust ajoute que bactéries, champignons, mycoplasmes et virus sont tous suspectés, seuls ou ensemble.

Les conditions d'élevage

Le manuel Merck cite des températures ou une humidité inadaptées, une aération insuffisante, un manque d'hygiène, une autre maladie, des parasites et la malnutrition.

Un article du Tortoise Trust donne sa propre liste : poussière, humidité ou température inadaptées, manque de soleil, enclos d'herbe humide sans accès au sable, surpopulation, malnutrition et stress. Il conseille aussi un abri sec pour la nuit.

Un manque de vitamine A

Les hôpitaux VCA et le manuel Merck relient certaines infections respiratoires à un manque de vitamine A, lié à une mauvaise alimentation. Les hôpitaux VCA citent la laitue iceberg, un régime riche en viande ou un aliment industriel de mauvaise qualité. Attention, l'excès de vitamine A pose aussi problème, rappelle la RSPCA. Ne donnez aucun complément sans avis vétérinaire.

Un corps étranger

Ne négligez pas les causes simples. Le Tortoise Trust cite des graines d'herbe, des brins de foin, des grains de sable ou de nourriture coincés dans une narine. Dans ce cas, l'écoulement ne vient souvent que d'une seule narine. Le vétérinaire saura le vérifier.

La rhinite est-elle contagieuse ?

Souvent, oui, entre tortues. Un article du Tortoise Trust observe qu'elle est plus fréquente dans les grands groupes et les groupes mélangés, et qu'elle peut s'y propager très vite.

Le même article souligne deux pièges :

  • les porteurs sains. Une tortue guérie peut rester porteuse, sans aucun signe, et contaminer les autres. Il n'existe aucun moyen sûr de repérer un porteur, écrit-il ;
  • les rechutes. La maladie a tendance à revenir, en particulier quand le traitement est arrêté parce que la tortue « va mieux ». Suivez le traitement prescrit jusqu'au bout.

Le mélange des espèces est le premier risque cité. Le Tortoise Trust explique qu'un germe sans danger pour une espèce peut en tuer une autre. Il demande de ne jamais mettre en contact des tortues d'espèces différentes, par exemple une tortue d'Hermann et une tortue russe.

Que faire en attendant le vétérinaire ?

Votre rôle est d'isoler la tortue et de la garder dans de bonnes conditions. Le reste revient au vétérinaire.

  • Isolez-la seule. Le Tortoise Trust demande un isolement complet et individuel, sans aucun contact. Regrouper plusieurs tortues malades ensemble paraît logique, mais elles se recontaminent sans cesse.
  • Soignez l'hygiène. Lavez-vous les mains après chaque manipulation et nettoyez ses gamelles à part, conseille le Tortoise Trust.
  • Gardez-la au chaud et au sec. Le Tortoise Trust juge essentiel qu'elle puisse bien se chauffer sous sa lampe, et demande d'éviter à tout prix le froid humide. Le manuel Merck explique que la chaleur aide ses défenses et l'aide à évacuer les sécrétions. Il recommande de la maintenir entre le milieu et le haut de sa plage de température préférée. Demandez au vétérinaire le bon réglage pour votre tortue.
  • Ne soignez pas vous-même. Pas de gouttes, de produit ou de remède maison sans prescription. Ce guide ne donne volontairement aucun traitement.
  • Ne la mettez pas en hibernation. La RSPCA demande qu'un vétérinaire vérifie la santé de la tortue avant l'hibernation. Voyez notre guide sur l'hibernation de la tortue.

Pour la chaleur, la RSPCA demande que chaque tortue ait son propre point chaud. Il se crée avec une lampe chauffante. Le Tortoise Trust rappelle qu'une tortue doit aussi pouvoir choisir sa température entre des zones plus chaudes et plus fraîches.

Que fera le vétérinaire ?

Choisissez un vétérinaire habitué aux reptiles, souvent appelé vétérinaire NAC. Les hôpitaux VCA recommandent de faire examiner toute tortue qui s'écarte de son état normal par un vétérinaire qui connaît leurs maladies.

Il cherchera d'abord la cause. Les sources citent plusieurs examens :

  • un examen du nez et de la bouche. Le Tortoise Trust conseille de vérifier d'abord qu'aucun corps étranger n'est coincé dans une narine ;
  • un prélèvement, souvent un écouvillon du nez. Le Tortoise Trust conseille de faire une culture, pour savoir quels microbes sont en cause. Le manuel Merck recommande l'examen au microscope et la culture avec test de sensibilité, pour choisir un traitement adapté ;
  • des tests PCR, qui recherchent l'ADN d'un microbe. Selon le manuel Merck, ils servent à confirmer un mycoplasme ou un herpèsvirus. Des analyses de sang peuvent aussi rechercher les mycoplasmes ;
  • des radiographies, qui aident à voir une pneumonie, selon le Tortoise Trust.

Le traitement dépend de ces résultats et de l'état de la tortue. Il lui revient entièrement.

Le manuel Merck insiste sur un point : un bon traitement échoue si l'installation et l'alimentation ne sont pas corrigées en même temps. Pour préparer la consultation, notez les températures de l'installation, l'âge des lampes, ce que mange votre tortue et ses contacts avec d'autres tortues.

Comment prévenir la rhinite ?

La prévention passe par l'installation et par la prudence avec les nouvelles tortues.

Une installation chaude, sèche et aérée

  • De l'air. Le manuel Merck compte l'aération insuffisante parmi les causes. Un article du Tortoise Trust relie aussi la rhinite aux petits vivariums fermés. Préférez un enclos ouvert : le choix et l'équipement sont détaillés dans notre guide pour aménager un terrarium, et les modèles ouverts dans notre rayon terrarium pour tortue.
  • De la chaleur. Le manuel Merck et le Tortoise Trust citent tous deux les températures inadaptées. Un point chaud permet à la tortue de se réchauffer quand elle en a besoin.
  • Du sec et du propre. Le Tortoise Trust déconseille la poussière, l'herbe humide sans accès au sable et les litières qui moisissent. Retirez les restes de nourriture et les déjections.
  • Du soleil. Le Tortoise Trust compte le manque de soleil parmi les facteurs de risque. Il juge aussi que les tortues vivent mieux dans un enclos extérieur bien conçu.

Si votre tortue vit dedans, lisez aussi notre guide tortue en appartement.

Une alimentation adaptée

Une alimentation variée, à base de plantes sauvages, évite les carences. Le Tortoise Trust relie la malnutrition aux infections, et les hôpitaux VCA le manque de vitamine A. Tout le détail est dans notre guide que mange une tortue de terre.

La quarantaine des nouvelles tortues

N'ajoutez jamais une nouvelle tortue directement à votre groupe. Sur la durée, nos sources divergent, et toutes deux sont publiées par le Tortoise Trust :

  • un article de The Care Centre, un centre de soins d'Afrique du Sud, fixe un minimum de six mois de quarantaine ;
  • un article d'A. C. Highfield, du Tortoise Trust, conseille au moins 18 mois pour une tortue de la même espèce, et une quarantaine sans limite de durée entre espèces différentes.

Demandez conseil à votre vétérinaire pour choisir la durée. Le Tortoise Trust conseille aussi de faire examiner toute nouvelle tortue par un vétérinaire habitué aux tortues. Limitez enfin le stress : chiens, enfants qui la manipulent, surpopulation. Le Tortoise Trust explique que le stress affaiblit ses défenses.

Quand consulter un vétérinaire ?

Prenez rendez-vous dès que votre tortue a le nez qui coule, des bulles aux narines ou une respiration qui siffle, même si elle mange encore. Le Tortoise Trust conseille de ne jamais attendre que cela passe avec le beau temps.

Allez-y en urgence si elle respire bouche ouverte, halète, fait des bruits de gargouillement ou paraît très faible. Au moindre doute, appelez-le : il vous dira s'il faut venir tout de suite.

Pour l'ensemble des besoins de l'espèce, lisez notre guide de la tortue d'Hermann.

Questions fréquentes

Une rhinite de tortue peut-elle guérir toute seule ?

Ne comptez pas dessus. Le Tortoise Trust conseille de ne jamais ignorer un nez qui coule en espérant qu'il passe avec le beau temps : sans soins, l'infection peut évoluer en pneumonie, difficile à guérir. Seul un vétérinaire peut dire ce qu'il faut faire.

La rhinite de la tortue est-elle contagieuse ?

Souvent, oui, entre tortues. Le Tortoise Trust observe qu'elle se propage vite dans les groupes, et qu'une tortue guérie peut rester porteuse sans aucun signe. Isolez la tortue malade et lavez-vous les mains après chaque manipulation.

Combien de temps mettre une nouvelle tortue en quarantaine ?

Les sources divergent. Un article de The Care Centre, publié par le Tortoise Trust, fixe un minimum de six mois. Un article d'A. C. Highfield, du Tortoise Trust, conseille au moins 18 mois pour une tortue de la même espèce, et une quarantaine sans limite de durée entre espèces différentes. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Ma tortue fait des bulles par le nez : est-ce grave ?

C'est un signe à prendre au sérieux. Les hôpitaux vétérinaires VCA citent les bulles au nez, à la bouche ou aux yeux parmi les signes d'infection respiratoire. Prenez rendez-vous chez un vétérinaire, et allez-y en urgence si elle respire bouche ouverte.

Une tortue enrhumée peut-elle hiberner ?

Non, pas sans l'accord du vétérinaire. La RSPCA demande qu'un vétérinaire vérifie la santé de la tortue avant l'hibernation. Une tortue malade doit d'abord être soignée.

Sources

  1. Merck Veterinary Manual, Bacterial Diseases of Reptiles
  2. Merck Veterinary Manual, Viral Diseases of Reptiles
  3. Merck Veterinary Manual, Disorders and Diseases of Reptiles (édition pour les propriétaires)
  4. VCA Animal Hospitals, Common Diseases of Tortoises
  5. Tortoise Trust, An outline on treating RNS or respiratory diseases in chelonia (A. C. Highfield)
  6. Tortoise Trust, Common diseases of tortoises (M. Corton, The Care Centre)
  7. Tortoise Trust, Indoor Housing & Vivarium Design
  8. RSPCA, fiche sur les tortues grecque, d'Hermann, bordée et de Horsfield (PDF)