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Tortue grecque : fiche de l'espèce et différences avec l'Hermann

La tortue grecque (Testudo graeca) est une tortue terrestre d'Afrique du Nord, du sud de l'Espagne, des Balkans et du Proche-Orient. On la distingue surtout de la tortue d'Hermann par un éperon corné sur chaque cuisse, une écaille au-dessus de la queue en général non divisée et l'absence d'étui corné au bout de la queue.

Mis à jour le 02/11/2026

La tortue grecque est souvent confondue avec la tortue d'Hermann. Les deux espèces se ressemblent, vivent autour de la Méditerranée et ont des besoins proches. Ce guide vous aide à les distinguer et rappelle les règles à suivre. Pour l'Hermann elle-même, voyez notre guide de la tortue d'Hermann.

D'où vient la tortue grecque ?

Malgré son nom, la tortue grecque (Testudo graeca) ne vit pas qu'en Grèce. Son aire est immense. Selon le groupe de spécialistes des tortues de l'UICN (l'Union internationale pour la conservation de la nature), elle comprend :

  • l'Afrique du Nord, presque sans interruption du sud du Maroc au nord-ouest de la Libye ;
  • le sud de l'Espagne, avec des populations qui se reproduisent dans le parc national de Doñana et dans le sud-est (Murcie, Almería), ainsi qu'à Majorque ;
  • le sud-est de l'Europe et le sud-ouest de l'Asie, de la Bulgarie et de la Grèce jusqu'à la Turquie, au Proche-Orient et à l'Iran.

Elle a aussi été introduite en Sardaigne. Les comptes rendus de l'UICN ne citent pas la France dans son aire, alors que la tortue d'Hermann y vit à l'état sauvage.

Ses milieux de vie sont très variés. L'UICN cite des milieux ouverts allant des semi-déserts chauds aux prairies d'altitude, en passant par les steppes, les lisières de forêts et les terres agricoles. Dans le sud-est de la Turquie et en Iran, elle monte jusqu'à 2 500 m d'altitude.

Combien de sous-espèces existe-t-il ?

La classification de la tortue grecque a beaucoup changé et reste discutée. Les comptes rendus de l'UICN, publiés en 2022 et 2023, retiennent deux grands groupes.

  • À l'ouest, cinq sous-espèces : T. g. graeca, T. g. cyrenaica, T. g. marokkensis, T. g. nabeulensis et T. g. whitei. Celle de Doñana, en Espagne, est T. g. whitei.
  • À l'est, cinq autres : T. g. armeniaca, T. g. buxtoni, T. g. ibera, T. g. terrestris et T. g. zarudnyi.

Vous croiserez d'autres noms dans les livres anciens. Par exemple, T. g. soussensis est aujourd'hui considérée comme un synonyme de T. g. graeca. Cette diversité compte en pratique : la taille, l'aspect et surtout le rythme d'hibernation changent d'une forme à l'autre.

À quoi ressemble une tortue grecque ?

Sa carapace est bombée. Vue de dessus, elle est plutôt ovale chez la femelle et plus trapézoïdale chez le mâle, selon l'UICN. Sa couleur de fond va du jaunâtre à l'olive pâle, ou du brun au brun-rouge, avec des taches sombres plus ou moins marquées.

Sa taille dépend beaucoup de la sous-espèce, et les sources donnent des repères différents :

  • pour les sous-espèces de l'ouest, l'UICN indique une longueur moyenne de carapace de 15,5 cm pour les femelles et de 13,5 cm pour les mâles, avec un maximum relevé de 24,8 cm chez une femelle ;
  • pour les sous-espèces de l'est, l'UICN donne une taille maximale en général inférieure ou égale à 30 cm ;
  • la base Turtles of the World, du muséum néerlandais Naturalis, parle d'une carapace allant en général jusqu'à 20 cm, et presque deux fois plus chez la forme ibera.

Les femelles sont en moyenne plus grandes que les mâles. Les mâles ont une queue plus longue et plus large.

C'est aussi une espèce qui peut vivre longtemps. Dans la nature, l'UICN rapporte plus de 55 ans chez des tortues de l'est. En captivité, elle cite un individu de 127 ans. Adopter une tortue grecque engage donc sur plusieurs décennies.

Quelles différences avec la tortue d'Hermann ?

C'est la question que se posent beaucoup de propriétaires. Trois critères reviennent dans les sources. Regardez-les ensemble, car aucun n'est fiable à 100 %.

Les éperons des cuisses

La tortue grecque porte en général un petit éperon corné et conique à l'arrière de chaque cuisse. C'est ce qui lui vaut son nom anglais, « spur-thighed tortoise », la tortue à éperons. L'UICN le présente comme son signe distinctif principal, absent, à quelques exceptions près, chez les autres tortues qui vivent dans les mêmes régions.

Attention : selon l'UICN, environ 23 % des tortues de la sous-espèce T. g. graeca n'ont pas ces éperons. Leur absence ne prouve donc pas que la tortue est une Hermann.

L'écaille au-dessus de la queue

Au bout de la carapace, juste au-dessus de la queue, se trouve l'écaille dite supracaudale. Chez la tortue grecque, elle est en général d'un seul tenant. Chez la tortue d'Hermann, elle est en général divisée en deux. L'UICN cite ce caractère pour distinguer les deux espèces.

Ici, les sources ne disent pas tout à fait la même chose. La base Naturalis précise que l'écaille est divisée chez certaines grecques. Une étude publiée par l'association Tortoise Trust va plus loin : elle a trouvé une écaille divisée chez une petite minorité de tortues grecques, et une écaille d'un seul tenant chez 18 % des Hermann orientales (T. h. boettgeri) examinées. Ses auteurs concluent que ce critère est bien plus variable qu'on ne le pense. Chez l'Hermann occidentale, en revanche, l'écaille divisée est la règle.

Le bout de la queue

La tortue d'Hermann a au bout de la queue une écaille cornée allongée, qui ressemble à une griffe. La base Naturalis indique que la queue de la tortue grecque n'a pas cette grande écaille terminale. L'étude de la Tortoise Trust cite aussi l'absence d'écaille cornée au bout de la queue parmi les critères de la grecque.

Chez certaines grecques de Turquie, Naturalis signale toutefois une petite bosse cornée au bout de la queue. Elle est divisée au milieu et ne ressemble pas à la griffe allongée de l'Hermann.

En résumé

Critère Tortue grecque Tortue d'Hermann
Éperon à l'arrière des cuisses En général présent Absent
Écaille au-dessus de la queue En général d'un seul tenant En général divisée
Bout de la queue Pas de grande griffe cornée Écaille cornée allongée, en griffe

Si un doute persiste, un vétérinaire habitué aux reptiles ou un centre spécialisé pourra confirmer l'espèce. C'est utile pour les démarches administratives, et pour savoir si votre tortue doit hiberner.

Une autre espèce est souvent confondue avec elles : la tortue russe, qui n'a que quatre doigts à chaque patte selon le British Chelonia Group.

Quels sont ses besoins au quotidien ?

La tortue grecque est une tortue méditerranéenne. Ses besoins sont proches de ceux de la tortue d'Hermann : de la place, du soleil, des plantes et un abri. Le Royal Veterinary College de Londres, école vétérinaire britannique, traite d'ailleurs les deux espèces dans la même fiche de soins.

L'enclos

Dehors, elle a besoin d'un enclos sûr, ensoleillé, avec de l'ombre et un abri. Notre guide construire un enclos pour tortue soi-même détaille la surface, la clôture et la protection contre les prédateurs. Vous trouverez aussi des modèles dans notre rayon enclos pour tortue de terre.

La lumière et la chaleur

À l'intérieur, le Royal Veterinary College demande un enclos ouvert et bien ventilé, comme une table à tortue, aux parois pleines. Il conseille un point chaud autour de 35 °C, une zone fraîche entre 20 et 25 °C et une lumière avec des UVB chaque jour, environ 12 heures.

Pour la nuit, les sources divergent. Le Royal Veterinary College recommande de ne pas descendre sous 18 à 20 °C. La RSPCA, citée dans notre guide de la tortue d'Hermann, parle d'environ 15 °C la nuit. Un thermomètre à hauteur de carapace et l'avis de votre vétérinaire vous aideront à trancher. Voyez notre rayon lampes UV.

L'alimentation

Comme l'Hermann, la grecque est herbivore. Le Royal Veterinary College veut que les plantes sauvages forment plus de 70 % de son repas : laiteron, pissenlit, plantain, mouron des oiseaux. Il déconseille les fruits, trop sucrés. Tout est détaillé dans notre guide que mange une tortue de terre.

Pour les compléments de calcium ou de vitamines, ne suivez pas une dose lue sur Internet. Votre vétérinaire vous dira quoi donner et combien.

Une tortue grecque doit-elle hiberner ?

Pas toujours : c'est une vraie différence pratique avec l'Hermann. L'UICN décrit un repos d'hiver bien plus marqué dans les populations du nord. Dans la région de Krasnodar, en Russie, par exemple, l'hibernation peut durer d'octobre à fin avril ou mai. En Afrique du Nord, au contraire, certaines populations hibernent peu ou pas du tout.

Le Royal Veterinary College précise que les tortues grecques du sud de la Turquie, de Tunisie, de Libye et d'autres formes d'Afrique du Nord n'hibernent en général pas. Il insiste : il faut savoir de quelle forme il s'agit. Si vous ne le savez pas, faites examiner votre tortue par un vétérinaire expérimenté avant l'hiver.

Ne forcez jamais une hibernation sans cet avis. Une tortue malade, trop maigre ou d'une forme qui n'hiberne pas peut en souffrir gravement.

Notre guide hibernation de la tortue de terre détaille la préparation et la surveillance.

Que dit la loi en France ?

La tortue grecque est très encadrée. Les règles peuvent évoluer : vérifiez-les auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département.

  • Une espèce menacée. L'UICN la classe « vulnérable » sur sa liste rouge, une évaluation ancienne qui doit être mise à jour. Elle est inscrite à l'annexe II de la CITES, la convention sur le commerce international des espèces menacées.
  • L'annexe A en Europe. Dans l'Union européenne, elle figure à l'annexe A du règlement sur le commerce des espèces sauvages, comme la tortue d'Hermann.
  • La déclaration. Les services de l'État la citent, avec l'Hermann, parmi les tortues dont la détention est soumise à déclaration. Le cadre est fixé par l'arrêté du 8 octobre 2018. Au-delà des effectifs fixés en annexe 2 de cet arrêté, il faut un certificat de capacité. Demandez à la DDPP le nombre exact qui s'applique à votre cas.
  • Le marquage. Une tortue d'une espèce de l'annexe A doit être identifiée par une puce électronique. Selon le ministère de l'Environnement, c'est possible chez les jeunes Testudo dès que leur plastron atteint 4,5 cm.
  • Le CIC. Une tortue grecque acquise hors de l'élevage où elle est née doit avoir un certificat intracommunautaire (CIC). La mise en vente d'un animal de l'annexe A sans CIC constitue un délit.

Nous vendons du matériel, jamais d'animaux.

Pourquoi ne jamais la prélever dans la nature ?

La collecte pour le commerce d'animaux de compagnie fait partie des deux grandes menaces qui pèsent sur l'espèce, avec la dégradation de son habitat. L'UICN rappelle que plus de 300 000 tortues étaient exportées chaque année d'Afrique du Nord dans les années 1950 et 1960. Certaines populations ont fortement reculé depuis.

Une tortue trouvée dans la nature y reste, en vacances comme ailleurs. Ne la ramassez pas, même pour « la sauver ». Plusieurs pays d'origine protègent l'espèce : l'UICN indique par exemple que le Maroc a interdit le commerce des tortues à grande échelle. Ne relâchez pas non plus une tortue captive : l'UICN signale que la réintroduction d'animaux captifs est déconseillée.

Quand voir un vétérinaire ?

Faites examiner votre tortue grecque par un vétérinaire habitué aux reptiles :

  • pour confirmer l'espèce et la sous-espèce si vous avez un doute ;
  • avant chaque hiver, pour décider s'il faut la faire hiberner ;
  • dès qu'elle cesse de manger hors de la période de repos, respire mal ou présente une blessure.

Ce guide donne des repères généraux. Il ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire.

Questions fréquentes

Comment savoir si ma tortue est une grecque ou une Hermann ?

Regardez trois endroits : l'arrière des cuisses, où la grecque porte en général un éperon corné ; l'écaille au-dessus de la queue, en général d'un seul tenant chez la grecque et divisée chez l'Hermann ; le bout de la queue, terminé par un étui corné chez l'Hermann. Aucun critère n'est infaillible : en cas de doute, demandez à un vétérinaire habitué aux reptiles.

La tortue grecque hiberne-t-elle ?

Cela dépend de son origine. Les populations du nord ont un repos d'hiver marqué, alors que celles d'Afrique du Nord hibernent peu ou pas. Un vétérinaire habitué aux tortues peut vous aider à savoir de quelle forme il s'agit avant de décider.

Faut-il déclarer une tortue grecque en France ?

Oui. Sa détention relève de l'arrêté du 8 octobre 2018, elle doit être identifiée par une puce, et une cession demande un certificat intracommunautaire (CIC). Les démarches se font auprès de la DDPP de votre département.

Quelle taille fait une tortue grecque adulte ?

Cela varie beaucoup selon la sous-espèce. Dans l'ouest de son aire, l'UICN donne une longueur moyenne de carapace d'environ 15,5 cm pour les femelles et 13,5 cm pour les mâles. Certaines formes orientales sont bien plus grandes.

J'ai trouvé une tortue grecque en vacances : puis-je la ramener ?

Non. Une tortue trouvée dans la nature doit y rester. La collecte pour le commerce d'animaux de compagnie est l'une des principales menaces pour l'espèce, et son commerce est très encadré en Europe comme dans plusieurs pays d'origine.