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Tortue russe : la fiche de la tortue de Horsfield

La tortue russe, ou tortue de Horsfield (Testudo horsfieldii), est une tortue terrestre des steppes et des zones sèches d'Asie centrale. Plus ronde et plus petite que la tortue d'Hermann, elle a quatre doigts à chaque patte, creuse beaucoup et demande un enclos solide.

Mis à jour le 02/11/2026

La tortue russe est l'une des tortues terrestres les plus répandues en captivité, avec l'Hermann et la grecque. Elle leur ressemble, mais elle vient d'un climat très différent. Cette fiche vous aide à la reconnaître et à comprendre ce qui change pour elle. Pour l'espèce d'Hermann, voyez notre guide tortue d'Hermann.

D'où vient la tortue russe ?

Elle vit en Asie centrale. Naturalis, qui publie Turtles of the World, décrit une aire qui part de la côte sud-est de la mer Caspienne, descend par l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan, et s'étend vers l'est par le Kazakhstan jusqu'au Xinjiang, en Chine.

La Reptile Database, base de référence sur les reptiles, cite aussi le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan. Elle ajoute un détail utile : malgré son nom, l'espèce n'est pas présente en Russie actuelle. La RSPCA, grande association britannique de protection animale, situe une partie de son aire dans l'ancienne Union soviétique.

Son habitat est sec. Naturalis cite les déserts rocheux, les steppes sableuses ou limoneuses et les collines rocheuses. La RSPCA parle de zones rocheuses et de pentes assez sèches, le plus souvent près de sources. La Turtle Conservancy, organisme de protection des tortues, la décrit comme une espèce des milieux secs et arides.

Comment s'appelle-t-elle vraiment ?

Son nom scientifique est Testudo horsfieldii. Vous la trouverez aussi sous le nom Agrionemys horsfieldii : les spécialistes ne sont pas d'accord sur ce point. La Reptile Database présente Agrionemys comme un genre décrit en 1966, dont cette tortue est l'espèce type. Le British Chelonia Group, association britannique spécialisée, juge au contraire ce sous-genre non valable.

Les sources divergent aussi sur les sous-espèces. La Reptile Database en liste cinq. Naturalis en compte trois. Le British Chelonia Group en reconnaît deux. Pour soigner votre tortue, cette question change peu de chose.

En français, on l'appelle tortue russe ou tortue de Horsfield. Le British Chelonia Group signale qu'on la nomme aussi tortue à quatre doigts en Europe continentale.

Comment reconnaître une tortue russe ?

Plusieurs signes, cités par nos sources, permettent de l'identifier :

  • Quatre doigts à chaque patte. C'est le signe le plus connu, d'après le British Chelonia Group, et c'est l'origine de son surnom.
  • Une carapace ronde. Naturalis la décrit presque aussi large que longue, aplatie sur le dessus, environ deux fois plus longue que haute.
  • Une couleur variable. Du brun clair au brun jaunâtre, avec de larges taches brun foncé sur chaque écaille, selon Naturalis. Le British Chelonia Group va de l'ocre terne au noir.
  • Une griffe au bout de la queue. La RSPCA et Naturalis la mentionnent toutes les deux.
  • Un plastron sans charnière. Le dessous de la carapace n'a pas la charnière mobile présente chez d'autres espèces de Testudo, précise Naturalis.

Naturalis donne une carapace jusqu'à 22 cm. Les femelles sont plus grandes que les mâles. Les mâles ont une queue plus longue et plus épaisse, avec le cloaque près de la pointe.

Quelles différences avec la tortue d'Hermann ?

Les deux espèces se ressemblent, et c'est la source de beaucoup de confusions. Le British Chelonia Group résume ainsi : la tortue de Horsfield ressemble à l'Hermann, mais elle est plus ronde et plus petite. Ses quatre doigts par patte restent le critère le plus simple à vérifier.

L'origine change aussi tout. La tortue d'Hermann vient du pourtour méditerranéen, des Balkans à l'Espagne selon la RSPCA. La tortue russe vient des steppes d'Asie centrale, avec des étés chauds et des hivers froids. Le British Chelonia Group précise qu'elle n'est pas, au sens strict, une tortue méditerranéenne, mais que ses soins en captivité sont proches.

Un point mérite votre attention si vous gardez les deux espèces. La Reptile Database signale que la tortue de Horsfield et la tortue d'Hermann peuvent s'hybrider. Ne les faites pas cohabiter, d'autant que la RSPCA conseille de garder ces tortues seules : elles sont solitaires et territoriales dans la nature.

La tortue grecque est l'autre espèce souvent confondue avec l'Hermann : sa fiche détaille les différences.

Comment vit-elle dans la nature ?

Sa vie suit un rythme très saisonnier. Naturalis situe son pic d'activité en avril et en mai. Dans le nord de son aire, elle hiberne l'hiver dans un terrier bouché. Dans le sud, elle peut estiver, c'est-à-dire se mettre au repos pendant les mois les plus chauds.

Aux heures chaudes de la journée et la nuit, elle reste dans un terrier, sous un rocher ou dans un éboulis, d'après Naturalis. La Turtle Conservancy souligne qu'elle passe une grande partie de son temps à hiberner dans son terrier, et qu'elle supporte mal les températures extrêmes.

Ce mode de vie explique son principal trait en captivité : elle creuse. Le British Chelonia Group la décrit comme une excellente grimpeuse et une excellente fouisseuse.

Quel enclos pour une tortue russe ?

Ses besoins ressemblent à ceux d'une tortue méditerranéenne, mais la barrière doit être irréprochable. La RSPCA, dont la fiche couvre la tortue de Horsfield, rappelle que ces tortues grimpent et creusent des terriers dans la nature, et que l'enclos doit empêcher toute évasion.

Les repères de la RSPCA, valables pour les quatre espèces de sa fiche :

  • Surface : un enclos extérieur de 10 m² convient à une tortue.
  • Barrière : au moins 45 cm de haut, enterrée sur 15 cm.
  • Intérieur : au moins 180 cm sur 120 cm pour une tortue.

Pour une espèce qui creuse autant, contrôlez souvent le pied de la clôture : c'est là qu'une évasion commence. Son milieu naturel est sec, et elle y passe les heures chaudes à l'abri, dans un terrier ou sous un rocher : donnez-lui un sol qu'elle peut creuser et des cachettes.

Notre guide construire un enclos pour tortue soi-même détaille chaque étape, et notre rayon enclos pour tortue de terre présente les modèles prêts à monter.

Que mange une tortue russe ?

Elle est herbivore. Dans la nature, Naturalis indique qu'elle ne mange que des végétaux : herbes, fleurs, feuilles charnues et fruits. En captivité, le British Chelonia Group la voit brouter volontiers le pissenlit et le plantain.

La RSPCA résume la bonne alimentation de ces tortues : pauvre en graisses et en protéines, riche en minéraux, en vitamines et en fibres. Les plantes à donner et les aliments à éviter sont détaillés dans notre guide que mange une tortue de terre, qui vaut aussi pour elle.

Votre vétérinaire vous dira si un complément est utile.

Faut-il la faire hiberner ?

Dans la nature, la tortue russe hiberne. En captivité, l'hibernation ne s'improvise pas. La RSPCA conseille, pour une espèce qui hiberne naturellement, de demander conseil à un éleveur expérimenté. Elle demande aussi qu'un vétérinaire vérifie la bonne santé de l'animal avant la période d'hibernation.

La RSPCA rappelle que des tortues meurent parce que leurs propriétaires ne suivent pas les conseils du vétérinaire sur les contrôles et les soins avant, pendant et après l'hibernation. Nos sources ne donnent pas de durée ni de température propres à cette espèce : nous n'en indiquons donc pas. Voyez les repères généraux dans notre guide tortue d'Hermann, et validez-les avec votre vétérinaire.

Notre guide hibernation de la tortue de terre détaille la préparation et la surveillance.

Combien de temps vit-elle ?

La RSPCA évoque une longévité potentielle de 50 à 100 ans pour les tortues de sa fiche, dont la tortue de Horsfield. Naturalis indique que les femelles atteignent leur maturité vers leur dixième année. Une tortue russe vous engage donc sur plusieurs décennies.

Ce que dit la loi

La tortue russe ne vit pas à l'état sauvage en France. Sa détention reste encadrée, par les règles du commerce international et par celles de la détention d'animaux non domestiques.

  • CITES. L'espèce est inscrite à l'annexe II de la convention de Washington, la CITES. La douane française le rappelle à propos de tortues de Horsfield saisies en 2023, faute de certificats conformes. La Turtle Conservancy confirme ce classement.
  • Statut de conservation. Naturalis et la Turtle Conservancy la donnent « vulnérable » sur la Liste rouge de l'UICN. La Turtle Conservancy s'inquiète des nombreuses tortues capturées dans la nature pour le commerce.
  • Marquage. L'arrêté du 8 octobre 2018 impose un marquage individuel et permanent aux reptiles inscrits aux annexes A à D du règlement européen n° 338/97.
  • Cession. Le même arrêté exige une attestation de cession pour les espèces inscrites à ces annexes.
  • Déclaration. Selon l'espèce et le nombre d'animaux, la détention peut ne demander aucune formalité, une déclaration, ou une autorisation avec certificat de capacité. Les seuils figurent dans l'annexe 2 de l'arrêté.

Ces règles évoluent. Avant toute acquisition, demandez à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département quelles formalités s'appliquent à votre tortue.

Nous vendons du matériel, jamais d'animaux.

Ne jamais la relâcher

Une tortue russe ne doit jamais être relâchée dans la nature. L'arrêté du 8 octobre 2018 impose que tout vendeur remette un document rappelant que l'animal « ne doit pas être relâché dans le milieu naturel ».

En France, le risque est réel. La tortue d'Hermann vit à l'état sauvage dans le Var et en Corse, et la Reptile Database signale que les deux espèces peuvent s'hybrider. Si vous ne pouvez plus garder votre tortue, adressez-vous à un vétérinaire, à la DDPP ou à un centre spécialisé.

Quand voir un vétérinaire

Choisissez un vétérinaire habitué aux reptiles. La RSPCA demande son contrôle avant chaque hibernation. Au moindre doute sur la santé de votre tortue, consultez-le plutôt que d'attendre.

Ce guide donne des repères généraux. Il ne remplace pas l'avis d'un vétérinaire.

Questions fréquentes

Pourquoi l'appelle-t-on tortue russe ?

C'est un nom courant. La RSPCA situe une partie de son aire dans l'ancienne Union soviétique. La Reptile Database précise pourtant qu'elle n'est pas présente en Russie actuelle. Son nom scientifique est Testudo horsfieldii.

Comment reconnaître une tortue russe d'une tortue d'Hermann ?

Selon le British Chelonia Group, la tortue de Horsfield est plus ronde et plus petite que l'Hermann, et elle n'a que quatre doigts à chaque patte. Sa carapace est presque aussi large que longue, et aplatie sur le dessus, d'après Naturalis.

Une tortue russe hiberne-t-elle ?

Oui. Dans le nord de son aire, elle hiberne l'hiver dans un terrier bouché, selon Naturalis. Avant toute hibernation en captivité, la RSPCA conseille de faire vérifier sa santé par un vétérinaire.

Peut-on relâcher une tortue russe dans la nature ?

Non. L'arrêté du 8 octobre 2018 impose de rappeler à tout acheteur qu'un animal non domestique ne doit pas être relâché dans le milieu naturel. Cette espèce ne vit pas à l'état sauvage en France.