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Vers et parasites de la tortue de terre : le point

Les tortues de terre hébergent souvent des vers ronds, comme les oxyures et les ascaris, et des protozoaires, comme les flagellés, sans montrer le moindre signe. Seule une analyse des selles chez un vétérinaire habitué aux reptiles dit si votre tortue en a, lesquels, et s'il faut la traiter.

Mis à jour le 02/11/2026

Ce guide vaut pour les tortues terrestres, dont la tortue d'Hermann. Il explique quels parasites on rencontre, comment les repérer et comment limiter leur retour. Il ne donne aucun traitement : le choix d'un vermifuge et sa dose reviennent au vétérinaire.

Les tortues de terre ont-elles souvent des vers ?

Oui. Les hôpitaux vétérinaires VCA, réseau de cliniques nord-américain, écrivent que les parasites digestifs, comme les vers ronds et les protozoaires flagellés, sont fréquents chez les tortues de compagnie.

Le manuel vétérinaire Merck explique pourquoi la captivité les favorise. Le stress et un espace fermé exposent les reptiles à de fortes charges de parasites à cycle direct, c'est-à-dire qui n'ont besoin que de la tortue pour se reproduire.

Le Tortoise Trust, association spécialisée dans les tortues, va dans le même sens. Une tortue arrivée récemment peut porter beaucoup de parasites. Et même une tortue seule, en captivité depuis des années, peut en accumuler, parce que son sol est sans cesse recontaminé par ses crottes, dont elle avale ensuite les œufs de vers.

Quels vers et parasites trouve-t-on chez la tortue ?

Les sources vétérinaires distinguent deux grandes familles : les vers, visibles ou non à l'œil nu, et les protozoaires, des organismes d'une seule cellule qu'on ne voit qu'au microscope.

Les vers ronds : oxyures et ascaris

Les vers ronds, ou nématodes, se trouvent dans tous les groupes de reptiles, selon le manuel Merck. Il cite les oxyures parmi ceux dont on retrouve les œufs à l'analyse des selles. Les oxyures sont de petits vers, souvent appelés « vers d'épingle ».

Les ascaris sont d'autres vers ronds, plus grands. Le manuel Merck écrit qu'ils infectent fréquemment les reptiles. Ses descriptions les plus graves portent toutefois sur les serpents.

Le Tortoise Trust précise qu'il existe plus d'un millier d'espèces de nématodes connues chez les reptiles. La plupart vivent dans l'intestin. Certaines peuvent gagner les poumons ou la gorge, avec des conséquences sérieuses.

Les autres vers

Le manuel Merck mentionne aussi des vers plats, les douves, qui peuvent vivre dans les vaisseaux sanguins des tortues, et des ténias. Le cycle des ténias passe par d'autres animaux, ce qui, selon lui, limite les cas en captivité.

Les protozoaires : flagellés et coccidies

Le manuel Merck rappelle que la plupart des protozoaires des reptiles sont inoffensifs. Certains posent pourtant problème :

  • les flagellés, notamment Hexamita, que le manuel Merck relie à des maladies de l'appareil urinaire chez les tortues ;
  • les coccidies. Le manuel Merck décrit une forme, la coccidiose intranucléaire, comme un agent majeur chez les tortues de l'Ancien Monde, dont font partie les tortues méditerranéennes. Ses signes sont vagues, son évolution souvent rapide, et la mortalité élevée.

Le manuel Merck précise que distinguer les flagellés entre eux demande une vraie expertise et des colorations spéciales. C'est un travail de laboratoire, pas d'observation à la maison.

Quels signes peuvent faire penser à des parasites ?

Souvent, aucun. Les hôpitaux VCA soulignent que, dans beaucoup de cas, l'infection ne donne aucun signe et n'est découverte qu'à l'analyse de selles. Le Tortoise Trust ajoute que les dégâts peuvent être sérieux avant que le propriétaire ne remarque quoi que ce soit.

Quand des signes apparaissent, les sources citent :

  • une diarrhée ou une perte de poids, en cas d'infection importante, selon les hôpitaux VCA ;
  • des vers visibles dans les crottes, ou des selles molles avec du mucus, du sang ou des aliments non digérés, d'après une fiche du Tortoise Trust sur les urgences vétérinaires ;
  • une perte d'appétit et parfois des vomissements, cités par une autre fiche du Tortoise Trust, qui juge le vomissement toujours sérieux ;
  • une bouche pâle, que la même fiche sur les urgences relie notamment à une infection parasitaire grave ;
  • des excréments modifiés, la présence de vers, une diarrhée ou une constipation, listés par La Vallée des Tortues, centre spécialisé dans les Pyrénées-Orientales.

Aucun de ces signes n'est propre aux parasites. Une perte d'appétit ou une diarrhée peut avoir bien d'autres causes. Le Tortoise Trust rappelle aussi qu'une infection par des vers, non traitée, peut boucher ou perforer l'intestin. C'est pourquoi un examen s'impose.

Voir des vers dans les crottes, est-ce grave ?

C'est surtout un signal pour consulter. Le Tortoise Trust note que presque tous les éleveurs voient un jour des vers dans les crottes de leur tortue.

À l'inverse, l'absence de vers visibles ne prouve rien. Le Tortoise Trust est clair : la seule façon de savoir si une tortue est infestée est de faire examiner ses selles au microscope.

Comment se passe l'analyse de selles chez le vétérinaire ?

L'analyse de selles, ou coproscopie, consiste à rechercher au microscope les œufs de vers et les protozoaires. Le manuel Merck indique que le vétérinaire peut tester les selles d'un reptile pour y chercher des parasites digestifs.

Pour certains protozoaires, le manuel Merck mentionne un examen sur selles fraîches. Demandez donc à votre vétérinaire comment recueillir l'échantillon, dans quoi le mettre et en combien de temps l'apporter.

Le résultat guide la suite. Selon l'édition du manuel Merck pour les propriétaires, le vétérinaire prescrit le vermifuge jugé le plus efficace contre le parasite en cause. Le Tortoise Trust ajoute qu'un vermifuge courant n'agit pas sur tous les vers, et que seule l'analyse dit si un produit convient, puis s'il a marché.

Quand faire analyser les selles de sa tortue ?

À l'arrivée d'une nouvelle tortue

C'est le moment clé. Le manuel Merck demande de dépister et de traiter les reptiles en quarantaine, avant qu'ils ne rejoignent les autres. Une fiche du Tortoise Trust conseille de faire examiner toute tortue qui vient d'arriver par un vétérinaire habitué aux tortues, avec une analyse de selles, et de noter son poids, son origine et sa date d'arrivée. La RSPCA, association britannique de protection animale, demande elle aussi, parmi les contrôles d'une tortue qu'on accueille, de faire analyser ses selles à la recherche de parasites internes.

Avant l'hibernation

La RSPCA demande qu'un vétérinaire vérifie, avant l'hibernation, que la tortue est en bonne santé et d'un poids suffisant. La Vallée des Tortues déconseille de faire hiberner une tortue parasitée : il faut la soigner avant.

Le bilan d'automne est donc le bon moment. Notre guide hibernation de la tortue de terre explique comment préparer ce rendez-vous et ce qui s'y fait.

Dès qu'un signe apparaît

Diarrhée, perte de poids, perte d'appétit : consultez. Le Tortoise Trust recommande aussi de faire analyser les selles en cas de diarrhée malodorante, pour chercher des vers ou des flagellés.

Régulièrement, même sans signe

Pour le Tortoise Trust, la seule conduite raisonnable est de faire des analyses de selles périodiques, et de traiter tôt, avant que les parasites ne se multiplient. Votre vétérinaire vous dira à quel rythme, selon votre installation et le nombre de tortues.

Faut-il vermifuger sa tortue « au cas où » ?

Ici, les sources divergent.

  • Une fiche du Tortoise Trust, rédigée par un centre de soins d'Afrique du Sud, conseille une vermifugation de routine deux fois par an, au printemps et à l'automne.
  • Le manuel Merck écrit au contraire qu'un traitement doit être tenté quand des parasites sont mis en évidence. Les hôpitaux VCA notent que ces infections sont souvent découvertes à une analyse de selles de routine.
  • L'édition du manuel Merck pour les propriétaires cite une « lutte régulière contre les parasites » parmi ce qui limite les maladies, sans préciser s'il s'agit d'analyses ou de traitements systématiques.

Nous ne conseillons pas de vermifuger à l'aveugle. Un vermifuge courant n'agit pas sur tous les vers, comme le rappelle le Tortoise Trust, et les flagellés ne se traitent pas comme les vers. Faites d'abord analyser les selles, puis suivez la décision du vétérinaire.

Quels traitements ne faut-il jamais donner soi-même ?

  • Pas de vermifuge pour chien ou chat. Le Tortoise Trust en déconseille certains, et signale qu'une molécule antiparasitaire courante chez d'autres animaux s'est montrée mortelle chez les tortues. Le manuel Merck rappelle que c'est le vétérinaire qui prescrit le produit adapté au parasite.
  • Pas de dose lue sur Internet. Ce guide n'en donne aucune, volontairement. Le Tortoise Trust note que les produits n'ont pas la même concentration selon les pays : seul le vétérinaire peut calculer la dose.
  • Pas de traitement improvisé. Toutes nos sources passent par l'analyse de selles et le vétérinaire. Aucune ne propose de remède maison contre les vers.

Après un traitement, le Tortoise Trust conseille de refaire une analyse de selles pour vérifier que l'infection a disparu. Le manuel Merck recommande aussi des analyses successives pour suivre une coccidiose. Le même manuel prévient que le traitement des coccidies est rarement efficace à 100 %. Si plusieurs tortues partagent l'enclos, le Tortoise Trust conseille de les traiter en même temps. Votre vétérinaire décidera.

Comment limiter les parasites dans l'enclos ?

Le traitement ne suffit pas si le sol reste contaminé. Le manuel Merck note que les infestations massives sont fréquentes quand une mauvaise hygiène contamine fortement l'environnement. Il insiste sur un nettoyage soigneux, chaque jour.

  • Ramassez les crottes chaque jour. Le manuel Merck parle d'un nettoyage quotidien pour retirer les selles, la nourriture et l'eau souillées. Il précise que les œufs de coccidies résistent des semaines, même au sec.
  • Retirez les restes de nourriture tous les jours, pour la même raison, selon le manuel Merck.
  • Changez l'eau souillée, que le manuel Merck cite avec les selles et la nourriture à retirer chaque jour.
  • Évitez la surpopulation. Le Tortoise Trust rappelle que les œufs de vers survivent longtemps au sol et peuvent infester les autres tortues qui mangent au même endroit.
  • Ne mélangez pas les espèces. Le manuel Merck déconseille de loger tortues et serpents ensemble, à cause d'un protozoaire grave pour les serpents, que certaines tortues portent sans être malades.
  • Lavez-vous les mains avant et après avoir touché une tortue ou nettoyé son enclos, comme le demande la RSPCA.

Un enclos extérieur bien conçu, assez grand et facile à entretenir, aide beaucoup. Voyez notre rayon enclos pour tortue et notre guide enclos pour tortue fait maison. Pour le matériel d'entretien, consultez notre rayon accessoires pour tortue.

L'alimentation joue-t-elle un rôle ?

Oui, de façon indirecte. L'édition du manuel Merck pour les propriétaires cite un bon logement et une bonne alimentation, avec la lutte contre les parasites, parmi ce qui limite les maladies des reptiles. Le manuel Merck ajoute que les coccidies se multiplient surtout chez les reptiles aux défenses affaiblies.

Une fiche du Tortoise Trust va dans le même sens : une tortue mal nourrie se défend moins bien contre les infections. La même fiche cite l'excès de fruits comme une cause fréquente de diarrhée.

Pour savoir quoi donner à votre tortue, lisez notre guide que mange une tortue de terre.

Combien de temps garder une nouvelle tortue à l'écart ?

Le manuel Merck recommande une quarantaine pour tout nouvel animal, avec dépistage et traitement des parasites, sans donner de durée. Une fiche du Tortoise Trust est plus précise : elle recommande au minimum six mois de quarantaine avant d'ajouter une nouvelle tortue à un groupe. Elle vise surtout les maladies respiratoires, dont un porteur ne montre parfois aucun signe.

Pendant cette période, la nouvelle tortue vit à l'écart des autres. Faites analyser ses selles avant de la présenter aux autres.

Quand consulter un vétérinaire ?

Prenez rendez-vous avec un vétérinaire habitué aux reptiles, souvent appelé vétérinaire NAC :

  • à l'arrivée de toute nouvelle tortue ;
  • à l'automne, avant l'hibernation ;
  • si vous voyez des vers dans les crottes ;
  • en cas de diarrhée, de selles avec du sang ou du mucus, de perte de poids ou d'appétit ;
  • sans attendre en cas de vomissement, de bouche pâle ou de grande faiblesse, signes que le Tortoise Trust juge sérieux ou urgents.

Les hôpitaux VCA recommandent de faire examiner toute tortue qui s'écarte de son état normal par un vétérinaire qui connaît les reptiles. Pour l'ensemble des besoins de votre animal, lisez notre guide de la tortue d'Hermann.

Questions fréquentes

Comment savoir si ma tortue a des vers ?

Par une analyse de selles au microscope, chez le vétérinaire. Le Tortoise Trust rappelle qu'une tortue sans vers visibles dans ses crottes n'est pas forcément indemne, et les hôpitaux VCA notent que beaucoup d'infections ne donnent aucun signe.

Faut-il vermifuger sa tortue chaque année, par précaution ?

Les sources divergent. Une fiche du Tortoise Trust conseille une vermifugation de routine deux fois par an. Le manuel vétérinaire Merck lie au contraire le traitement à la découverte de parasites dans les selles. Le plus sûr est de faire analyser les selles et de laisser le vétérinaire décider.

Peut-on donner à une tortue le vermifuge du chien ou du chat ?

Non. Le Tortoise Trust déconseille certains vermifuges pour chien ou chat et signale qu'une molécule antiparasitaire courante chez d'autres animaux s'est montrée mortelle chez les tortues. Seul le vétérinaire choisit le produit et la dose.

Les vers de la tortue se transmettent-ils à l'homme ?

Le manuel Merck cite un groupe de parasites des reptiles, les pentastomes, comme un risque possible pour l'homme, mais il les décrit surtout chez les serpents et les lézards. La RSPCA conseille surtout de se laver les mains avant et après avoir touché une tortue ou nettoyé son enclos, notamment à cause des salmonelles.

Quand faire analyser les selles de sa tortue ?

À l'arrivée d'une nouvelle tortue, au bilan avant l'hibernation, et dès qu'apparaissent une diarrhée, une perte de poids ou de l'appétit. Le Tortoise Trust conseille aussi des analyses régulières, pour traiter tôt, avant que les parasites ne se multiplient.

Sources

  1. Merck Veterinary Manual, Parasitic Diseases of Reptiles
  2. Merck Veterinary Manual, Disorders and Diseases of Reptiles (édition pour les propriétaires)
  3. VCA Animal Hospitals, Common Diseases of Tortoises
  4. Tortoise Trust, Worming difficult to handle tortoises and turtles (A. C. Highfield)
  5. Tortoise Trust, Common diseases
  6. Tortoise Trust, Recognising veterinary emergencies
  7. RSPCA, fiche sur les tortues grecque, d'Hermann, bordée et de Horsfield (PDF)
  8. La Vallée des Tortues, Élever une tortue